signature Laurence Tellier

Laurence Tellier

Créatrice conceptuelle

Arts Plastiques, Sculptures, Photos

signature Laurence Tellier

Laurence Tellier

Créatrice conceptuelle

Arts Plastiques, Sculptures, Photos

Techniques – Raku

La céramique Raku
Le Raku est le résultat d’une technique d’émaillage sur céramique. Elle prend ses origines en Corée et sera développée et institutionnalisée au Japon dès le XVIe siècle. La terre, l’air, le feu et l’eau s’expriment simultanément sous les contraintes de fabrication à travers le procédé de cuisson. Ces paramètres naturels entrant en scène sur les créations confèrent des résultats variant à l’infini et signent un objet unique.
Cette technique de  cuisson rapide oblige les pièces en terre à résister à de forts écarts de température, car extraits du four incandescentes. Elles peuvent être enfumées, trempées dans l’eau, brûlées ou laissées à l’air libre. Le « biscuitage » (durcissement) des œuvres s’opère entre 800 et 850°C, quant à la cuisson de l’émail (vernis coloré étanche), elle se situe entre 820 et 980°C, sur une courte durée de 1 à 2 heures. Les pièces façonnées par le choc thermique engendré par des variations de températures imprévues, selon les conditions météorologiques, passent ainsi de 900°C à 20°C et sont recouvertes immédiatement de combustible comme la sciure de bois puis enfermées dans un récipient étanche: c’est pendant cette étape d’enfumage qu’apparaissent les craquelures et les noirs « carbone » uniques de cette céramique.

Techniques de Sculpture en Raku

L’histoire nous enseigne que la féodalité de l’époque Sengoku au XVIe siècle a vu s’épanouir cette technique. La rencontre entre le potier japonais Chōjirō et le maître de thé no Sen Rikyū est à l’origine de l’invention dédiée à la fabrication des bols pour le thé. La technique s’est ensuite transmise au sein de la Famille Raku de génération en génération pendant près de 450 ans. La cérémonie du thé (chanoyu) s’apparente au courant zen bouddhique dont sont notamment issus des critères esthétiques de simplicité (kanso), d’irrégularité (funkinsei) et de naturel (shizen). Des concepts que l’on pourra retrouver dans les références contemporaines de simplicité du wabi-sabi, qui valorisent un retour à la nature originelle.
Le Raku contemporain s’établit comme une adaptation des techniques asiatiques traditionnelles à l’art contemporain. Les versions occidentales développées à travers les effets accidentels procurés par enfumage n’ont jamais été appliquées au Japon.

Kintsugi

Kintsugi, célébrer l’imperfection
Le Kintsugi « jointure en or » s’apparente à une technique japonaise de la fin du XVe siècle, de réparation des porcelaines ou céramiques brisées. Elle consiste à recoller les morceaux et à les caractériser par application de laque saupoudrée de poudre d’or. Le Kintsugi est rigoureusement associé aux objets en céramique destinés à la cérémonie japonaise du thé, déjà rencontrée à travers le Raku.
Cette technique illustre la philosophie kintsugi qui prend en compte le passé d’un objet, son histoire ainsi que les accidents éventuels qu’il a pu subir. Une céramique brisée ne signifie plus sa fin mais le début d’un nouveau cycle pour un prolongement dans son affectation. Il ne s’agit donc pas d’occulter les réparations, mais plutôt de les valoriser.
Les éclats de la pièce cassée sont récoltés, nettoyés et recollés à la laque naturelle puis ses « cicatrices » sont saupoudrées d’or.

Illustration du Kintsugi

En ce sens, le Kintsugi s’inscrit dans la philosophie japonaise du wabi sabi, qui invite à glorifier l’imperfection. Cette philosophie asiatique associée aux concepts zen élève acceptation et contemplation de l’imperfection et du changement. Ces valeurs qui s’avèrent aussi contemporaines intègrent deux fondements : Wabi en référence à la plénitude et à la modestie qu’inspire la nature et Sabi, en relation au respect du labeur de l’humanité et de son histoire.
Réparé avec « art », l’objet métamorphosé est transcendé.
En appliquant cette philosophie pour soi-même, le Kintsugi agit comme « art-thérapie » qui révèle les blessures, incite à les accepter et pourra même prétendre à les affranchir.

« Soigné, puis honoré, l’objet cassé assume son passé et devient paradoxalement plus résistant, plus beau et plus précieux qu’avant le choc »
Céline Santini ; Kintsugi, l’art de la résilience

Photos des cuissons